Information sur l’objet
Titre de l’œuvre :
Art religieux : Aiguière
Date :
Vers 1820
Détenteur :
Archidiocèse de Québec
Artiste :
Laurent Amiot

FICHE DESCRIPTIVE
Argent
19,5 (hauteur) x 11 (diamètre avec anse) cm
Poinçon sous la base : L.A
Il est gravé sur la panse : une crosse et E. Q. (pour évêque de Québec)
Collection : Archidiocèse de Québec
Une aiguière à ablutions ou aiguière d’évêque est un récipient en forme d’aiguière - c’est-à-dire un vase sur pied munit d’un bec et d’une anse – utilisé pour verser l’eau des ablutions, lors des messes pontificales et par les prêtres célébrants, lors de cérémonies liturgiques. L’aiguière à ablutions s’accompagne généralement d’un bassin – à ablutions. Elle prend parfois la forme de figure humaine ou d’un animal et se nomme alors aquamanile.
Cette aiguière est réalisée vers 1820, alors que Joseph Octave Plessis (3 mars 1763 - 4 décembre 1825) est évêque en titre à partir de 1806 et archevêque de Québec de 1819 à 1825. Elle est gravée des lettres E. Q. (pour évêque de Québec), ce qui laisse supposer qu’elle a été réalisée pour Joseph Octave Plessis, entre 1806 et 1819.
L'orfèvre Laurent Amiot naît le 10 août 1764 à Québec. Son frère Jean-Nicolas Amiot l’initie à l’orfèvrerie. À la fin du XVIIIe siècle, les importations françaises d’objets religieux sont plus rares. À titre de protégé du Séminaire de Québec, il étudie à Paris de 1782 à 1787. Il suit ainsi les traces de François Baillairgé. Ces artisans participent aux efforts de reconstruction d’après-guerre et incarnent la volonté de rester français dans un pays sous allégeance britannique. Malgré ces efforts et sa formation française, Laurent Amiot, comme plusieurs de ses contemporains, n’échappe pas à l’influence britannique.
De retour au Québec, il est le principal concurrent de François Ranvoyzé pendant plusieurs années. Maître orfèvre, il forme au moins quatre apprentis : Jacques-Richard Filteau, Claude-Paul Morin, Pierre Lespérance, Joseph Babineau et peut-être François Sasseville. Spécialiste de l’orfèvrerie religieuse, nombre de ses œuvres se retrouve dans les communautés religieuse et les églises du Canada. Il travaille aussi des ustensiles d’orfèvrerie, des théières, des pots à lait, etc.
Son influence sur l’orfèvrerie québécoise, grâce à son savoir qu’il rapporte de France, est considérable. Sous son impulsion, l’orfèvrerie religieuse du Bas-Canada connaît un renouvellement certain par l’introduction d’une esthétique qui dérive du style Louis XVI. On retrouve ses pièces d’orfèvrerie dans de nombreuses institutions canadiennes, entres autres, le Musée canadien des civilisations à Hull, le Musée des beaux-arts du Canada, à la Winnipeg Art Gallery, au Musée national des beaux-arts du Québec et aussi au Détroit Institute of Arts (Michigan). À ce jour, il est répertorié 465 objets de Laurent Amiot dans la base de données Artefacts Canada, ce nombre exclus ceux qui sont toujours en usage dans les églises. Il décède à Québec le 3 juin 1839 et est inhumé dans la chapelle Sainte-Anne de la Basilique-Cathédrale Notre-Dame de Québec. C’est dire l’importance qu’il a dans la communauté québécoise de l’époque.
Provenance de la matière première : l’argent
La provenance de la matière première, l’argent, qui servait à la fabrication des pièces d’orfèvrerie est complexe. Il n’existait pas de mine d’argent à cette époque en Nouvelle-France. Les premières datent des années 1860 ou plus précisément de 1861, 1865, 1866 et 1870. Les orfèvres de la Nouvelle-France s’approvisionnaient à même les pièces d’argent déjà en usage, soit ils faisaient fondre les pièces de monnaies et ce, malgré l’interdiction de la loi, soit ils faisaient fondre les pièces d’orfèvrerie anciennes pour en créer de nouvelles. Il n’a pas été possible de prouver que d’autres sources d’approvisionnement existaient à cette époque. Aucun document ne fait mention de l’entrée au pays de lingot d’argent provenant de France ou d’ailleurs en Amérique.
Plus particulièrement, l’orfèvre François Ranvoyzé, contemporain de Laurent Amiot, réparait des objets anciens qu’il modifiait considérablement sans toutefois les faire fondre et il y ajoutait son poinçon. Par contre, Laurent Amiot faisait fondre les orfèvreries anciennes en mauvais état pour créer de nouvelles œuvres et ainsi procurer aux fabriques des ensembles homogènes.